Il
permet d’échanger en ligne son « profil » et ses photos de
classe. Il s’est répandu comme une traînée de poudre dans les écoles de
commerce et les lycées européens, en l’espace de quelques mois. Avec ses
42 millions d’utilisateurs actifs, il est encore loin des 100
millions d’adeptes réguliers revendiqués par le réseau MySpace de
Murdoch.

Mais
son essor est tel que son fondateur se félicite de ne pas avoir succombé à
l’offre de 1 milliard de dollars de Yahoo! en 2006. Toute la
question reste de savoir si, quelques années après l’éclatement de la première
bulle Internet en 2001, nous ne sommes pas encore à la veille de l’explosion
d’une nouvelle « bulle Web 2.0 », dont la tendance à la survalorisation de
Facebook serait un des signes
prémonitoires.
Avec
15,7 millions de pages vues en août, Facebook est devenu le
troisième site communautaire le plus visité aux Etats-Unis, derrière Myspace et YouTube.
A
la base du succès des « réseaux sociaux » qui sont en passe de
devenir le principal vecteur de croissance du Web (après les moteurs de
recherche) : l’engouement des adolescents et « post-ados » (15-24 ans) pour ces
sites fédérateurs qui permettent de se regrouper par
affinités. Une forme de résurgence de compagnonnage virtuel. Mais le succès de
Facebook commence à se propager à certains milieux
professionnels où la « cool attitude » est de rigueur (high-tech,
publicité…) et où la limite d’âge théorique ne tient plus. Au point que les
employeurs australiens ont récemment estimé à 5 milliards de dollars son impact
négatif sur la productivité des salariés.
Selon
certaines projections, au rythme actuel, Facebook pourrait devenir «
le » réseau communautaire du Web 2.0 avec 220 millions de
membres actifs en septembre 2008. Le rythme de croissance du bébé de
Mark Zuckerberg fait rêver.
Le
modèle est simple : on consolide d’abord l’audience, et on «
monétise » après à travers la publicité. Aujourd’hui, les sites
communautaires sont encore valorisés sur la base d’un « acte de foi »
: leur nombre de « visiteurs uniques par mois »
(entre 5 et 30 euros par visiteur unique selon les sites),
érigé en indicateur avancé du niveau d’investissement publicitaire escompté.
La valorisation de Facebook est donc basée sur la double
espérance de l’essor parallèle du nombre de ses utilisateurs
et de ses recettes publicitaires.
Compte
tenu de son profil très « aspirationnel », avec une forte
audience de départ dans les universités
élitistes et les écoles de commerce du type HEC ou Essec,
Facebook est devenu un phénomène de mode
particulièrement prisé dans des milieux à fort pouvoir d’achat. Selon Henri de
Bodinat (Arthur D. Little), « Facebook est un peu vis-à-vis de
MySpace ce que Prada est par rapport à Zara » dans la
mode. Le premier qui arrive à conquérir une telle communauté aurait déjà gagné.
C’est pourquoi le potentiel de croissance de Facebook serait sans commune
mesure avec celui d’un Dailymotion, pâle copie du
site de partage de vidéo YouTube.
Le
seul risque serait le « syndrome Starbucks », où les premiers
aficionados se sentent trahis par une banalisation du
concept.
Tous
les experts ne sont pas, pour autant, aussi confiants dans la
validité du modèle de « développement viral » de Facebook. Le critère
de valorisation du « visiteur unique » reste fragile
pour un site dont la valeur ajoutée est nettement moins
tangible que celle de plates-formes telles qu’eBay ou Amazon.
A
la différence de Linkedin ou itLinkz, Facebook est loin d’être perçu comme
un outil professionnel (« au-dessus de 30 ans, être sur
Facebook, c’est ridicule », estime un expert). Surtout,
même si la vogue des réseaux communautaires bat son plein, l’engouement suscité
par Facebook peut être aussi considéré comme le symptôme d’une nouvelle
bulle Web 2.0, moins disproportionnée que la précédente, mais dont les
effets peuvent être brutaux.
Les
indices de survalorisation sont palpables depuis plusieurs
mois dans le secteur de la publicité en ligne où les
DoubleClick ou Right Media ont atteint des niveaux inédits. Même des vétérans
tels que Yahoo ! ou eBay reconnaissent
aujourd’hui avoir largement surpayé le comparateur de prix
Kelkoo (à 475 millions d’euros) ou le logiciel de
téléphonie en ligne Skype (2,6 milliards de
dollars).
Le
président de Microsoft, Steve Ballmer, a
lui-même qualifié de « lubie » l’engouement pour les réseaux sociaux
en rappelant le déclin de Geocities, racheté pour 3,5 milliards de
dollars par Yahoo! en 1999. Mais Henry Blodget, l’ancien
analyste-phare de Merrill Lynch, préfère encore parler de l’« erreur
colossale » de Yahoo !
Même à 10 milliards de dollars, il rappelle que la valorisation
potentielle de Facebook ne dépasse pas un quinzième de celle de Google (185
milliards de dollars).Certes. Mais les vieux médias ne
mènent plus la danse. La parabole du « visiteur
unique » a supplanté la mesure d’audience traditionnelle.
Un acte de foi ?
Même
si Facebook n’est pas Google, le
succès de la monétisation de son audience sera un test majeur pour la
valorisation du Web 2.0.
Facebook
prend le risque d’exposer la vie privée de ses utilisateurs !
Une
nouvelle fonction de recherche sur Facebook permet à tout internaute de prendre
connaissance des profils personnels de ses membres. Dans un second temps, ces
profils s’afficheront aussi dans les résultats des moteurs de recherche
classiques.

Depuis
mercredi 5 septembre, tous les utilisateurs du réseau social Facebook sont
informés que n’importe quel internaute peut effectuer une
recherche depuis la page d’accueil du site, même s’il n’est
pas enregistré, et qu’il est susceptible de voir s’afficher leur mini
profil parmi les résultats.
Ce mini profil présente une photo de l’utilisateur, son nom et prénom,
ainsi qu’un lien permettant de lui adresser un message et, plus indiscret, un
autre pour accéder à la liste de ses amis.
Selon
la compagnie, il ne s’agit là que d’une première étape,
puisque ces mini profils s’afficheront également très bientôt dans les
résultats des requêtes effectuées sur des moteurs de recherche comme
Google, Yahoo ou MSN.
«
Nous étendons ces capacités de recherche pour que les gens
puissent vérifier plus facilement qui, parmi leurs amis, est
présent sur Facebook », indique un ingénieur de la
compagnie sur son blog officiel. « Bien sûr, si vous ne
souhaitez pas que ce mini profil soit accessible à des personnes extérieures à
Facebook, vous pouvez le configurer dans la page qui permet de paramétrer la
protection de votre vie privée », poursuit-il.
41
% des utilisateurs dévoilent leurs infos personnelles en
clair
Jusqu’à
présent, les membres du réseau social n’avaient d’autre moyen
de retrouver des connaissances sur Facebook qu’en recoupant la base d’adresses
e-mail de la plate-forme et ses propres carnets d’adresses sur le
web (Gmail, Hotmail, Yahoo Mail, etc.) ou dans son logiciel de
messagerie.
Cette
initiative soulève la question de la protection de la vie
privée sur les réseaux sociaux. Selon un consultant en sécurité de
chez Sophos, qui a effectué des tests au mois d’août, 41 % des
utilisateurs de Facebook dévoilent des informations personnelles, en
clair, qui sont accessibles à des personnes étrangères. Et elles sont
82 % à avoir répondu favorablement à une demande d’ajout dans
leur liste d’amis d’une personne fictive.
Or
le fait de faire partie de la liste d’amis d’un membre permet
d’accéder à toutes ses informations personnelles et à celles
qu’il poste au quotidien sur la plate-forme, par exemple via des applications
comme Twitter.
L’expert
en sécurité espère que cette extension des capacités de
recherche sur Facebook va sensibiliser les gens aux risques
qu’ils encourent, comme le vol d’identité. Et les encourager à n’autoriser que
les personnes auxquelles ils ont accordé leur confiance à
consulter leur profil complet, ce que Facebook permet de
paramétrer.
Des
Utilisateurs Crédules !
Une
recherche menée par Sophos indique que les abonnés du réseau de
socialisation Facebook donnent trop facilement leurs renseignements
personnels.Pour mener cette étude, les experts de Sophos ont
créé la fiche d’une personne fictive appelée Freddi Staur (une
anagramme de ID Fraudster). En guise de photo, ils ont présenté
l’image d’une petite grenouille en plastique et ils ont
précisé un minimum de renseignements sur cette personne. Au nom de Freddi, ils
ont ensuite envoyé une demande de “lien d’amitié” (friend request) à
200 personnes au hasard.
L’objectif
de l’exercice étant de recueillir le plus d’informations
possibles sur chaque personne.
De
la façon dont Facebook fonctionne, les personnes qui acceptent
la demande déterminent le degré d’accès à leur profil auquel aura droit le
demandeur. Les résultats sont surprenants : 87 personnes sur 200 ont
répondu. Dans la plupart des cas, Freddi a reçu des photos de famille,
de l’information sur les goûts, les passe-temps et d’autres
renseignements personnels.
L’une
des personnes a même indiqué le nom de fille de sa mère,
une information souvent demandée pour accéder aux
comptes bancaires en ligne.Le problème est que, malgré que le
demandeur soit de toute évidence une personne fictive, les gens ne se sont pas
méfiés et ont donné automatiquement accès, total ou partiel, à leur profil. Ils
ont dévoilé des renseignements qu’ils ne donneraient pas à un inconnu qui les
aborde sur le trottoir.
Sophos
propose sur son site un guide des bonnes pratiques sur
Facebook.
Le
document est malheureusement seulement en anglais.
source:
calii
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