De la pratique aux résultats escomptés il y a un pas.

Il y a actuellement 500 sites professionnels de networking qui existent ce qui représentent environ 10 millions de personnes enregistrées. Si ces réseaux soulignent le facteur d'influence de notre environnement pour nous "aider" à faire de nouvelles rencontres, à croiser de nouvelles idées, à développer de nouveaux projets. En réalité, ces sites sont d'autant plus utiles qu'il faut y consacrer du temps : sans stratégie, sans investissements, pas de résultats encore que. Reste que ces outils sont encore imparfaits et ont besoin de s'améliorer en termes de facilité d'usage et de fonctionnalités. On peut parler d'une appropriation de la rencontre virtuelle qui montre comien la génération des plus jeunes est déjà une génération du réseau social.

Cependant, la société se complexifie. Qu'en sera t'il dans 10 ans, quand les choses dont nous parlons ne seront plus que des phénomènes émergents et mâtures, soit parce qu'ils auront pour ainsi dire disparu, soit parce qu'ils auront trouvé leur place parmi d'autres dispositifs , soit parce qu'ils auront tout recouvert. Sur quoi ces systèmes innoveront-ils pour progresser ? A quels défis devront-ils faire face ? Les réseaux sociaux vont très certainement se focaliser sur des choses pragmatiques. Jusqu'à présent, c'est surtout la masse critique d'utilisateurs qui donne à ces réseaux une valeur ajoutée. La gestion de son identité sont en tous cas l'uns des éléments essentiels dans les pratiques des réseaux sociaux. Pourquoi social d'ailleurs ? Reste à comprendre que la connexion n'aplanit pas à elle seule les tensions individuelles et sociales et comme je l'ai publié dans mes précédents billets n'est-elle pas au contraire un lieu où peut se développer des tensions encore plus fortes ?

Mais alors à quoi sert-il de se mettre en réseau surtout si l'on risque de voir se reproduire des comportements déjà identifiés, les mêmes hiérarchies ? Comment de nouveaux réseaux sociaux peuvent-ils nous aider à "casser le moule" des réseaux établis ? Du reste, il suffirait d'en revoir le principe. En outre, si les réseaux sociaux électroniques rencontrent ceux de la vie réelle, cela pose tout de même une question sur l'authenticité de la relation : plus on fonctionne en réseau, plus on calcule son réseau. Peut-on parler de modèle de sociabilité dans ce cas ? Comment des formes de relation, des formes de solidarité peuvent-elles émerger, peuvent-elles se construire ? L'avenir pourrait bien être à des formes beaucoup plus diversifiées de réseaux, certaines fondées sur le nombre, d'autre au contraire sur la raréfaction et la pertinence des contacts, d'autres encore sous formes très ponctuelles ou pour atteindre un objectif précis.

Enfin sur quelles valeurs se fonde la diversité des réseaux ? Certains réseaux se fonderont sur des valeurs partagées, d'autres sur des formes de coopération, d'autres sur le simple intérêt "tume mets en relation je te mets en relation". Les gens qui partagent réellement quelque chose sont très peu nombreux, la plupart consomment plutôt qu'ils n'échangent. C'est cet échange qu'il va falloir favoriser pour ne pas tomber dans des réseaux de consommateurs qui risquent vite de s'épuiser.

Qu'est ce qui structurera demain les réseaux sociaux auxquels nous appartiendrons : la logique des outils et des grands intermédiaires, la simple masse, ou d'autres formes plus maîtrisées par chaque participants ? Le domaine des réseaux sociaux en ligne est encore très jeune. Plusieurs années seront sans doute nécessaires pour en apprendre les bonnes pratiques, en identifier les formes efficaces. Leur émergence rapide, ainsi que leur diversité, montre en tout cas que la dimension sociale de l'usage des réseaux est désormais au premier plan des interrogations et des stratégies.

::

source: Sylvie Ginet  dans Xing

::